Édito

Être une femme aujourd’hui
Par Marie Grégoire (X) et Déborah Levy (Y) 

Être belle, performer, réussir professionnellement, être une bonne mère, une bonne partenaire de couple et un soutien de famille : autant d’obligations à atteindre dans la tête de bien des femmes.

Bref retour en arrière. Dans les années 60-70, un courant d’émancipation des femmes se développait dans les salles à manger autour de plats Tupperware. La libéralisation passe alors aussi par le brouillage des codes vestimentaires et des stéréotypes de l’image. On ôte les soutiens-gorge et les corsets. Brigitte Bardot arbore une cravate sur une chemise entrouverte. Les femmes fument comme les hommes et portent des mini-jupes, même en Iran.

Elles ne veulent plus seulement être des épouses ou des mères au foyer. C’est la continuation d’une lutte pour l’égalité des droits et l’ère de la libération sexuelle. Une libération qui a surtout transformé la femme en objet marketing de désir dans les deux décennies qui ont suivi, avec les top modèles et la médiatisation des corps de Claudia Schiffer, de Naomi Campbell ou de Kate Moss. Un nouveau carcan donc, avec des standards de beauté inaccessibles, renforcés par des logiciels de perfection. Et toute une génération de jeunes filles complexées par leurs formes, la taille de leurs jambes ou leur poids.

Ces filles de la génération X ont grandi avec cette pression de devoir être belles, soignées, minces, de faire des études, mais aussi de travailler pour gagner autant d’argent que les hommes tout en s’amusant, comme eux. 

Alors que des femmes se réalisent aujourd’hui dans leur travail, certaines accèdent à la maternité un peu plus tard. Être de bonnes conjointes, de bonnes mères, et cheminer dans une carrière et en gagnant une autonomie financière complète : à bout de souffle, elles réussissent tout ça. Sur papier, voilà l’égalité acquise. Mais est-ce que les femmes sont vraiment plus avancées aujourd’hui ?

Dans la réalité du quotidien, il revient encore à la femme de se charger de l’économie du ménage et de l’équilibre affectif de la famille, tout en restant belle (comprenez : mince, épilée, maquillée – au moins un peu –, et cheveux gris cachés par une teinture) jusqu’à 65 ans ! Réjouissons-nous tout de même un peu.

Les femmes deviennent solidaires. En témoignent les phénomènes #AgressionNonDenoncée et #MoiAussi comme autant de mots-clics pour verbaliser une certaine solidarité. Les femmes se parlent, elles se soutiennent au-delà de leurs rivalités pour défendre une condition commune. La camaraderie, jadis l’apanage des hommes et des « frères d’armes », voilà le vrai progrès et le droit que les femmes sont en train de se donner.