Parler argent

Par Geoffrey Dirat

Finances et assurances :
garder les pieds sur terre

Après le sexe, ou la belle famille, l’argent est sans doute l’un des sujets les plus embarrassants dans la vie d’un couple. À tel point que près de la moitié des ménages ne parlent pas de finances. Et pourtant, mieux vaut s’en parler quand tout va bien plutôt que d’attendre un ennui ou d’être en conflit.

« Cela reste un sujet tabou, alors que cela revient à envisager comment on conçoit l’avenir à deux et comment on le construit selon notre philosophie de vie », indique Karine Turcotte, gestionnaire de portefeuille chez Medici. Par expérience, elle confirme qu’il est plus facile d’en discuter quand l’amour bat son plein – « lorsque ça va mal, c’est encore plus sensible » – et signale qu’il y existe autant de configurations possibles que de couples.

Solution incontournable pour mettre à l’abri son conjoint, de fait ou marié, en cas de décès, « l’assurance vie reste peu aimée, mais c’est un mal nécessaire », souligne pour sa part Claude Van Uytfanck, cofondatrice du cabinet Rochon Van Uytfanck. Si l’on préfère imaginer le meilleur, il s’agit là d’anticiper le pire : « L’objectif est de permettre au conjoint bénéficiaire de respecter les obligations financières du couple et de maintenir son niveau de vie », résume la spécialiste de l’assurance vie.

En la matière, le premier enjeu consiste à définir la capacité à payer les primes de la police, et donc son montant. Ensuite, il faut déterminer quelle formule choisir. L’assurance vie peut être temporaire ou permanente, servir à couvrir l’hypothèque de la maison, mais aussi à investir dans un véhicule de placement, voire provisionner la charge d’impôt que les héritiers devront payer. « Les produits sont assez souples pour s’adapter à tous les besoins », observe Claude Van Uytfanck. Et en cas de divorce ? « Il suffit de s’entendre sur le bénéficiaire de la police. »

Les solutions d’épargne et de placement (REER, CELI, REE, CRI et autres régimes non enregistrés) sont, elles aussi, malléables. « Elles permettent de s’adapter aux différents modes de fonctionnement des couples, tout en reflétant leurs intentions », explique Karine Turcotte. Qui contribue aux charges du ménage, aujourd’hui et demain ? Quelle est la propension de chacun à épargner ? Gestion individuelle ou familiale ? Quels objectifs atteindre : un chalet à 42 ans, la retraite à 58 ans ? Quid en cas de séparation ? Autant de questions à se poser pour parvenir à une entente durable. « Il n’y a pas de formule miracle, prévient la gestionnaire de portefeuille. C’est du cas par cas, et il faut s’assoir pour en débattre. »