La demande s’étend aux immeubles plus anciens

14 mai 2026

La hausse du taux d'occupation au sein des nouvelles tours pousse les locataires potentiels à chercher de l'espace plus loin dans le centre-ville de Montréal

Alors que l'espace se fait de plus en plus rare dans les tours de bureaux modernes, les locataires potentiels à la recherche de locaux au centre-ville sont contraints de se tourner vers des immeubles plus anciens, ce qui réduit l'offre sur une partie plus étendue du parc immobilier.

Les immeubles de bureaux construits en 2010 ou par la suite continuent d'afficher le taux de disponibilité le plus bas du centre-ville, celui-ci reculant progressivement jusqu'à environ 6 % en date du début de l'année 2026, comme le montre le graphique ci-dessous. Cette tendance s'inscrit dans le cadre d'une course vers la qualité qui s'opère depuis quelques années, les locataires privilégiant les immeubles plus récents, dotés d'améliorations énergétiques, de configurations modernes et de davantage de commodités. Par conséquent, l'offre de grands locaux contigus au sein de ces immeubles est de plus en plus limitée. 

Cette contrainte entraîne désormais des répercussions ailleurs sur le marché. Le taux de disponibilité au sein d'autres immeubles, plus anciens, diminue peu à peu. Le pic de l’espace disponible pour la plupart de ces bâtiments plus âgés construits avant 2010 est survenu au début de l'année 2025. Ces plus vieux immeubles de bureaux attirent de plus en plus de locataires qui ne peuvent pas se permettre de louer un espace dans les nouvelles tours, ou qui ne parviennent tout simplement pas à y trouver de locaux.

Même les segments traditionnellement en difficulté connaissent une accalmie. Bien que l'espace disponible en immeubles administratifs datant des années 1980 demeure élevée comparativement au reste du marché, le récent recul par rapport au pic atteint en 2025 laisse présager que la demande excédentaire commence à se répercuter également sur ce segment. Les locataires qui disposent d'une certaine souplesse en matière de configuration et d'aménagement intérieur optent pour des locaux plus anciens, souvent à un prix réduit, plutôt que de repousser leur décision dans l'espoir de trouver un espace plus moderne.

Dans l'ensemble, les données indiquent que la reprise du taux d'occupation des bureaux qui concernait auparavant les immeubles les plus récents et les plus performants s'étend désormais à d'autres segments du marché.

Mitch Strohminger